« La posture cherche inlassablement à habiter le corps de telle façon que quelque chose puisse couler qui en était empêcher. Réguler les flux, les vagues, les ruisseaux comme les goutte à goutte infimes et les écoulements si lents que le temps semble les avoir oubliés, voilà ce à quoi œuvre celui qui s’exerce en silence dans sa vie. Avec patience et ténacité, il cherche à tendre la toile sur son cadre afin que la vie elle-même vienne y tracer sa calligraphie secrète. Tendre la toile avec fermeté et douceur, puis faire l’effort infime de ne rien faire ; laisser faire le geste intérieur, celui qui ne nous appartient pas, qui nous anime et nous traverse et par lui se relier au sans-fin (dont le souffle est la figure première) ; en plus vivre cette tension de la toile non comme un écartèlement mais comme la possibilité de voir toutes les forces converger vers le centre : voilà ce qui défini la posture ».

Peter Hersnack  – La chair vivante